Jean ZAY entre au Panthéon
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jeudi, 28 mai 2015 16:34

Jean ZAY entre au Panthéon

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ProfileIl y a bien des années que j’avais fait entrer au panthéon de mes livres préférés « Souvenirs et solitude » de Jean ZAY, un livre qui m’a autant bouleversé que « Si c’est un homme » de Primo LEVI ou « L’écriture ou la vie » de Jorge SEMPRUN.
Lorsque, pendant trois ans, dans sa cellule, Jean Zay écrit, au jour le jour, le journal de sa captivité, il offre aux lecteurs que nous sommes une analyse à froid, puissante et rigoureuse, des innovations pédagogiques qu’il a impulsées quelques mois et années auparavant en tant que ministre de l’éducation du front populaire.
En effet réélu député en 1936, Jean Zay est choisi par Léon Blum car, selon lui, « il faut un jeune à l'éducation nationale ». Effectivement, à la tête de ce ministère auquel est rattaché le secrétariat des Beaux Arts, Jean Zay devient, à 32 ans, le plus jeune ministre de la troisième République. Il reste à son poste sous les divers gouvernements qui se succèdent jusqu'à sa démission le 2 septembre 1939 afin de rejoindre l'armée combattante.

Il a mis une grande volonté à démocratiser et moderniser le système scolaire français.

 
Nous lui devons de nombreuses réformes dans le domaine de l’éducation notamment l’unification du primaire, de nouvelles instructions pédagogiques qui invitaient déjà aux méthodes actives, l’obligation scolaire à 14 ans, l’accès aux bourses, les premiers pas des services d’orientation, l’amélioration de la formation des enseignants et le développement de la recherche pédagogique, le développement de l’éducation physique, le développement des classes transplantées…

Dans ses attributions figurait également la culture française. Dans ce domaine, il ne resta pas non plus inactif : il crée le Musée de l'Homme, le Musée d'Art Moderne, il réorganise les théâtres nationaux, développe la lecture publique et est à l'origine du CNRS. Il encourage par ailleurs le principe des bibliothèques mobiles (les bibliobus) et propose également la création du Festival de Cannes.

Il faut non seulement lire ou relire « Souvenirs et solitude » aujourd’hui, mais le faire connaître et, à l’heure où il devient impératif de mettre en exergue les valeurs de la République, rappeler l’engagement que fut celui de Jean ZAY.

Alors que sa situation de ministre le mettait à l’abri de toute poursuite par le régime de Vichy, il a choisi de démissionner et s’est engagé volontaire en 1939 ; il s'embarque sur le Massilia en juin 1940 avec les parlementaires opposés à l'armistice pour rejoindre l’Afrique du Nord. En octobre 1940, Vichy le condamne pour désertion en présence de l'ennemi, à la déportation à vie et à la dégradation militaire. Sa peine est commuée en internement et il est incarcéré à Riom.

C’est dans sa prison qu’il est enlevé le 20 juin 1944 par des miliciens français déguisés en résistants. Ces derniers l'abattront à Molles, dans l'Allier, puis le jetteront dans un puits. Il avait 40 ans. Son corps ne sera retrouvé qu'en 1946.

C est un livre exceptionnel, à l image de son auteur : à la fois homme politique, résistant, écrivain et penseur d une immense culture.
 
Lu 1043 fois Dernière modification le samedi, 30 mai 2015 05:44
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